Un orgue typographique
Émilie Roudaut
2025











Dispositif bruitiste et typographique mêlant des bidules électroniques (moteurs, solénoïdes, potentiomètres), rouleaux caractériels, bazars obsolètes et bricolages autodidactes. Cet assemblage savant cherche à faire sortir le public du White Cube1. Il propose une expérience sonore et presque littéraire à qui voudra bien s’approcher et jouer. C’est par l’activation, la manipulation et la participation collective que cet engin s’anime et donne vie à des rouleaux typographiques. Des caractères tournent dans ce désordre qui, de temps en temps, s’organise pour former des onomatopées. Le public devient alors chef d’orchestre musical et textuel.
Comme le disait Luigi Russolo2, « Il faut rompre à tout prix ce cercle restreint de sons purs et conquérir la variété infinie des sons-bruits ».
INTONARUMORI nous rappelle qu’il faut également s’emparer de la diversité des mots-bruits3 auxquels nous n’osons pas penser.
Crédit photos : Nathalie Kagan
Le Cube blanc, en anglais White cube, est, pour la muséologie, un type d’espace d’exposition qui a la forme d’une grande enceinte aux murs blancs, généralement refermée sur elle-même par l’absence de fenêtres. ↩︎
Citation extraite du manifeste de Luigi Russolo, L’Art des bruits (L’arte dei rumori), publié en 1913. ↩︎
Ici, les mots-bruits sont des onomatopées. ↩︎