Momo - 11 février 2025
11 février 2025
Quelle est la réalité des pratiques d'écritures contemporaines ?
Hyptohèses :
ÉCRITURE TEXTUELLE
-texto -> abréviations, fautes
-mail -> formes plus longues à modérées, formes de cordialité
-prompts -> formes brèves ou détaillées, souvent avec des questions précises
-texte snaps -> caractères limités, formes brèves, informations rapides
-tweets / post médias sociaux -> carcatères limités ( pour les plus utilisés )
-commentaires médias sociaux
-recherches internet -> souvent mots clés, formes d'écriture brèves
-Transcriptions snaps -> IA qui génère par écrit les vocaux envoyés par l'utilisateur ( parfois très précis, parfois totalement incohérents, aléatoire interessant à exploiter
-listes
-notes
-post-it
-tag / graffitis /écrire sur les murs
ÉCRITURE VISUELLE
-emojis
-photos -> médias sociaux
-les memes
ÉCRITURE SONORE
-vocaux
-vidéos
-enregistrements sonores
À une ère où l'on n'a jamais autant utilisé les outils numériques du quotidien, nous nous rendons compte que nous n'avons certainement jamais autant écrit que maintenant. Des messages brefs, des mails, des textos, des recherches internet, et même des prompts, nous écrivons tous.tes une quantité de choses chaque jour. Alors que beaucoup tendent à dire que nous n'écrivons plus, que la pratique se perd, je tendrais à dire qu'elle se transforme. Notre usage des médias sociaux et des sites d'achats en lignes les plus utilisés ont fait de la nouvelle génération une génération impatiente malgré elle. La "génération scroll" veut des infos brèves, rapides, qui ne nécessitent pas de se concentrer sur une trop longue durée. La manière dont nous écrivons aujourd'hui traduit-elle aussi cette impatience ? Les abréviations, les correcteurs, et même les propositions de mots/phrases généré.es. Malgré cela, on perçoit également des évolutions textuelles directement liées à des tentatives d'évolutions sociales. Cette nouvelle génération se bat également pour une écriture plus inclusive qui nécessite une attention au choix des mots,d'une typo ou encore au placement de la ponctuation. Aujourd'hui, les choses changent, rien de nouveau, tout change sans cesse. Parfois pour du mieux, parfois non. Chaque génération à tendance à dire que celle d'après, fait n'importe quoi.
Le choix du médium ou du média d'écriture peut aussi engendrer une forme et un rapport différent à cette pratique. Actuellement en train d'écrire sur un ordinateur, je ne cesse de corriger des coquilles liées à un changement de clavier, à une dactylo trop rapide ou à un manque de concentration engendrer par l'envie de continuer de rédiger tout ce qui fuse dans ma tête. D'ailleurs, ce texte passera certainement par un correcteur, mais je me rends compte qu'il aurait été intéressant de laisser chacune de mes coquilles - bien que pénible à lire.
Maintenant que j'ai mené cette petite réflexion personnelle, je vais chercher des écrits / des projets / des évènements sur le sujet :)
PROJETS
Séminaire ÉCRIRE 2023/2024 -> Si l’essai a une longue histoire, l’époque contemporaine connaît un renouvellement des pratiques critiques et théoriques : déplacement ludique, lecture hypothétique, exercice d’étrangeté, fragmentation de la notation, les écritures critiques inventent de nouveaux chemins, n’hésitant pas à frayer avec la fiction et à s’aventurer elle-même du côté de l’écriture littéraire. Les frontières entre littérature et savoir critique se font poreuses et invitent à des circulations et des détournements. Ce sont ces nouveaux usages de l’invention critique que le séminaire voudrait analyser cette année.
Les éditions extensibles -> Les éditions extensibles ont pour objet de recherche la transversalité entre art contemporain et littérature. Elles rassemblent des artistes-écrivain·es au sein de publications et d’expositions littéraires et explorent les enjeux de l’écriture, du récit et de la fiction dans l’art contemporain.( voir bio de Sébastien Souchon )
Digital Lyric par Antonio Rodriguez -> L’exposition "Digital Lyric" au Château de Morges (VD) proposera en 2020 une exploration interactive de la poésie à travers les technologies numériques.
https://www.epfl.ch/labs/emplus/projects/digital-lyric/
https://www.snf.ch/fr/kHk8cWcmKyaMRvBT/news/news-190423-lorsque-le-numerique-reinvente-la-poesie? utm_source=chatgpt.com
PoésieGo -> PoésieGo! propose une anthologie de balados, dont la plus grande part met en valeur la poésie québécoise contemporaine. La création sonore est de Magnéto. Depuis 2017, PoésieGo! a été associé à la baladodiffusion dans des sites originaux, tel que le métro de Montréal ou le Panthéon de Paris. Aujourd’hui, PoésieGo! souhaite proposer des contenus pour les jeunes publics. Plus précisément, le projet en lien avec la Chaire LMM vise la création d’un parcours interactif numérique pensé pour les publics scolaires et familiaux, qui sera présenté au Théâtre aux écuries, à Montréal, du 2 au 31 mars 2020, et qui amènera à découvrir 6 balados, accessibles via des émetteurs interactifs placés dans des modules d’exposition dédiés. Ces émetteurs interactifs interagissent avec le système Mysmartjourney, qui propose une ludification de la découverte poétique, par une combinaison de mini questions, charades, énigmes, etc. finalisées à l’appropriation du texte de la part des élèves et à l’expression de leur subjectivité.
TEXTES
Maud Lecacheur, Une littérature de l'écoute. Collectes de voix de Georges Perec à Olivia Rosenthal
ÉVÈNEMENTS/LIEUX
Actoral -> actoral est un festival international qui voue son projet aux écritures d’aujourd’hui. Chaque automne durant trois semaines, plus de deux cents artistes rejoignent Marseille pour y présenter leur création et partager leur regard sur le monde. Théâtre, danse, performance, littérature, arts visuels, musique, cinéma... actoral propose une immersion au cœur de la création contemporaine, dans toute sa vitalité et sa diversité.
La Villa Gillet : maison internationale des écritures contemporaines -> La Villa Gillet est une maison européenne et internationale des écritures contemporaines. Lieu de rencontre et de création, elle donne la parole aux écrivains, aux penseurs et aux artistes pour faire de la littérature et des sciences humaines un langage commun. Elle est un laboratoire de réflexion sur les pratiques liées au livre, à l’écrit, à la parole et au débat. La Villa Gillet travaille avec tout le spectre des écritures et des récits contemporains, qu’ils soient issus de la fiction, de la non-fiction, de la poésie, de la littérature jeunesse, de la recherche, de l’écriture sonore ou d’autres formes d’écritures émergentes. Elle est un outil au service des écrivains, des professionnels du livre et de la recherche, et de tous ceux que la littérature et le débat intéressent : en priorité les jeunes générations, étudiants, lycéens, scolaires, ainsi que leurs éducateurs et formateurs.
BIOGRAPHIES
Olivia Rosenthal -> Olivia Rosenthal, née en 1965 à Paris, est une romancière, dramaturge et performeuse française. Née à Paris en 19651, elle est élève de l'École normale supérieure de Fontenay-Saint-Cloud et soutient une thèse sur la poésie amoureuse de la fin du XVIe siècle. Elle enseigne la littérature à l'université de Rennes, dans les années 1990, puis, à partir de 1998, à l'université Paris-VIII-Vincennes-Saint-Denis3. Elle y crée le master de création littéraire qu’elle a longtemps co-dirigé. Olivia Rosenthal commence à publier des récits à partir de 1999, et des pièces de théâtre à partir de 2004.
Georges Perec -> Georges Perec naît le 7 mars 1936 à Paris, dans une famille juive d’origine polonaise. Son enfance est tragiquement marquée par la Seconde Guerre mondiale : son père, engagé volontaire dans l’armée française, meurt au combat en 1940, tandis que sa mère est arrêtée et déportée à Auschwitz en 1943. Orphelin, il est recueilli par sa famille maternelle et passe son enfance dans un climat d’absence et de déracinement, une thématique omniprésente dans son œuvre. Après des études en histoire et sociologie, il occupe divers emplois avant de devenir archiviste au CNRS, un poste qu'il gardera jusqu'à son succès littéraire. Son travail méthodique et rigoureux dans cette fonction influence son approche de l’écriture, faite de classement, de jeu sur les contraintes et de structurations précises.
Dès les années 1960, Georges Perec s’oriente vers une littérature expérimentale, influencée par les avant-gardes et notamment par le mouvement OuLiPo (Ouvroir de Littérature Potentielle), qu’il rejoint en 1967. Ce groupe, fondé par Raymond Queneau et François Le Lionnais, explore des formes d’écriture soumises à des contraintes formelles, favorisant ainsi une créativité renouvelée. Chez Perec, cette approche aboutit à une production prolifique et variée, jouant avec les codes du langage, les structures narratives et les formes littéraires inédites.
Utilisation de la contrainte :
- La disparition (1969) : un roman lipogrammatique
Ce roman, sans doute son plus célèbre en matière de contrainte littéraire, est entièrement écrit sans la lettre "e", la plus utilisée en français. Ce lipogramme radical n’est pas un simple exercice de style, mais une métaphore de la disparition – celle des êtres chers, de l’identité et de la mémoire. La contrainte crée un vide qui reflète l’absence maternelle de Perec et la tragédie de la Shoah.
Fait remarquable, il pousse l’expérience encore plus loin en publiant ensuite Les revenentes (1972), où cette fois, seule la voyelle "e" est autorisée, produisant un effet burlesque et déroutant.
- Espèces d’espaces (1974) : une réflexion sur l’espace et l’écriture
Ce texte inclassable explore la notion d’espace sous toutes ses formes : la page blanche, la ville, l’appartement, la géographie, et même l’espace mental et imaginaire. Perec y joue avec les descriptions et les catégories, dans un texte qui oscille entre essai, autobiographie et expérimentation formelle.
- W ou le souvenir d’enfance (1975) : autobiographie et fiction entremêlées
Dans ce livre, Perec alterne deux récits :
L’un est une fiction dystopique décrivant une île où un régime totalitaire transforme la vie en une compétition sportive impitoyable.
L’autre est un récit autobiographique, fragmentaire et lacunaire, où il tente de reconstituer les bribes de son enfance marquée par la guerre et la Shoah.
L’alternance des chapitres crée un écho troublant entre l’utopie sportive et l’horreur du nazisme, tout en expérimentant une forme de narration fragmentée.
- La Vie mode d’emploi (1978) : un roman-puzzle monumental
Ce livre, son chef-d’œuvre, est une somme de contraintes combinatoires et de récits entrelacés. À travers la description d’un immeuble parisien et des vies de ses habitants, Perec construit une fresque vertigineuse inspirée des carrés magiques et du problème du cavalier aux échecs. Chaque chapitre suit une structure rigoureuse dictée par ces règles, mais la richesse des histoires confère à l’ensemble une dimension profondément humaine.
Ce roman obtient le prix Médicis et consacre Perec comme un auteur incontournable de la littérature contemporaine.
Jusqu'à sa mort prématurée en 1982, Georges Perec n’a cessé d’expérimenter avec l’écriture. Son œuvre, ludique et savante, continue d’influencer les écrivains contemporains et les passionnés de jeux littéraires. Ses travaux sur la mémoire, l’espace, la contrainte et le langage en font un écrivain inclassable, à la croisée du formalisme et de l’émotion, du jeu et de la profondeur existentielle. Son héritage perdure aujourd’hui, non seulement au sein de l’OuLiPo, mais aussi dans toute la littérature qui ose expérimenter, structurer différemment et redéfinir les contours de l’écriture.
Sébastien Souchon -> Sébastien Souchon est un artiste diplômé des Beaux-Arts de Paris et du Master de création littéraire Paris 8 Saint-Denis. Il est le cofondateur et directeur des éditions extensibles, une maison d'édition qui explore les liens entre les arts visuels et la littérature, en publiant des auteurs et des autrices qui pratiquent ces deux disciplines. En tant qu'artiste-auteur, il travaille sur une fiction d'anticipation sous une forme à la fois littéraire et plastique, et mène des recherches sur la théorie des objets fictionnels.
Jérôme Wieder -> Rédaction d'un mémoire en 2023 intitulé Comète narratrice. L'horoscope vecteur de récit alternatif. sur "Comment l'horoscope par sa forme, son contenu et sa magie peut déclencher des discussions et permettre un nouveau message, une nouvelle lecture. Je ne crois pas à l'astrologie, mais je crois en la poésie, en la littérature. L'horoscope me permet d'écrire, de toucher personnellement, et de partager des textes qui me sont importants. Je propose alors dans ce mémoire une proposition de détournement astrologique de l'horoscope, pour répandre l'écriture et changer la vision de cette dernière. Comme un piratage, ce navire astral aborde les outils magiques et en prend possession pour contrôler et diriger. "Croire, c’est ce qui a relié les humains, ce qui les différencie du reste des êtres vivants. Cette capacité de se retrouver autour d’une croyance qui permet de faire groupe. Se retrouver par l’informe par ce que lui même crée, fabrique pour se satisfaire lui-même, se donner les réponses à ce qu’iels ne comprennent pas. Nous, ici, on le regarde simplement, ce n’est pas le premier à chercher à trouver ses propres réponses, mais il est unique"
Chercher d'autres formes, d'autres supports à la poésie et à l'écriture comme le crochet, le tufting, le transfert, l'installation...
Il poursuit son travail de "parasitage" d'espaces et d'objets pour y mettre du texte, des mots et de la poésie. Il participe à une exposition à la Maison de l'ESS à Besançon, dans laquelle il a investi un lieu qui, à l'origine, n'est pas disposé à servir d'espace d'exposition. C'était un hall d'entrée, qui, le temps d'un mois, a été la maison de certains de ses poèmes, de ses textes.
Avec son collectif, il organise une exposition aux beaux-arts de Besançon en février 2025. Elle se nomme En un souffle des rayons HX-17, NO(V)A encore se multiplie. Le vernissage est le 12 février 2025 donc affaire à suivre.
Il continue aussi l'écriture d'horoscopes, toujours selon le même protocole, celui de s'intéresser à un univers, à la volonté d'exprimer de quelqu'un d'autre que lui. Et il ne s'arrêtera pas de si tôt, ce medium de communication continue de l'impressionner et il est loin d'avoir utilisé tous ses potentiels.
Il tente dans toutes les choses qu'il fait d'y glisser une part de poésie, de texte, de voix, que ce soit à son job alimentaire, sa résidence dans laquelle il sera jusqu'à juin ou bien ses projets personnels.
https://www.memo-dg.fr/memoire/comete-narratrice-l-horoscope-vecteur-de-recit-alternatif
Cory Arcangel -> artiste post-conceptuel américain pluridisciplinaire. Il explore notamment le dessin, la musique, la vidéo et la performance. Pionnier de l'art game, il est principalement connu pour ses détournements de jeux vidéo.
Les œuvres les plus connues d'Arcangel sont des modding de jeux vidéo. Il modifie des cartouches de jeux Nintendo comme avec Super Mario Clouds, une version modifiée du jeu vidéo Super Mario Bros. pour la NES dans laquelle tous les graphismes du jeu ont été supprimés, laissant un fond bleu avec des nuages blancs défilant lentement de droite à gauche. Il remanie également des systèmes informatiques obsolètes des années 1970 et 1980 comme avec son célèbre Space Invader, mod du jeu Space Invaders ne laissant apparaitre qu'un seul alien à l'écran.
Rafael Lozano-Hemmer -> Né à Mexico au Mexique en 1967, est un artiste multimédia canadien. Considéré comme le diffuseur du concept de « l’architecture relationnelle », l’artiste joint les technologies numériques à l’architecture afin de concevoir des installations performatives et interactives.Rafael Lozano-Hemmer est connu pour avoir largement diffusé le concept d’« architecture relationnelle ». Cette notion, inspirée des pratiques artistiques de Lygia Clark et d’Hélio Oiticica, traite de l’importance de « l’objet relationnel ». En effet, lors des années 1960 et 1970, Lygia Clark et d’Hélio Oiticica s’intéressent aux sens des objets et à la relation que l'Homme entretient avec eux. En tant qu'artistes, ils défendent l’idée que les objets possèdent un sens, une valeur et une efficacité liée à un ensemble de relations symboliques précises. Selon Lygia Clark, les objets n’ont de sens qu’à travers leurs utilités et leurs interactions avec leurs usagers9. Bref, l’importance de cette notion réside dans la relation entre une œuvre d’art interactive et la participation de son interlocuteur. Rafael Lozano-Hemmer adapte ce rapport à l’objet à l’environnement architectural. Selon l’artiste, son travail vise à attribuer d’autres fonctions aux bâtiments architecturaux afin que ceux-ci interagissent avec les citoyens. Le but est de donner aux bâtiments un sens autre pour lequel ils ont été conçus originellement. Rafael qualifie lui-même ses œuvres comme étant « habituellement des interventions éphémères conçues pour établir des relations architecturales et sociales à des endroits où des comportements inattendus sont susceptibles de survenir.Il souhaite que les bâtiments fassent semblant d'être autre chose que ce qu'ils sont, qu'ils se prêtent à une sorte de dissimulation. »