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Momo - 15 janvier 2025

15 janvier 2025

Aujourd'hui avec l'expansion des réseaux sociaux, le paraître est plus prédominant que jamais. On se doit de montrer une version de soi la plus proche d'une certaine perfection possible. Mais alors, dans une ère comme celle-ci où nous sommes submergés par une quantité d'images infinies de plus en plus retouchées ou modifiées afin d’œuvrer pour l'illusion de la perfection, tout cela nous amène a nous questionner réellement sur la fiabilité de l'image partagé. Quelle est vraiment la place mais surtout la fiabilité de celle-ci. Le portrait, de nos jours, est-il toujours un moyen de se montrer sous notre vrai jour ?

Historiquement, le portrait avait plusieurs rôles : il était à la fois une manière de se montrer sous son meilleur jour, mais aussi un reflet de l’identité personnelle ou sociale. Même si les portraits traditionnels étaient souvent influencés par des normes esthétiques ou des attentes sociales, ils permettaient aussi une certaine approfondissement de l’individualité. On y captait des émotions, des caractéristiques particulières, et un contexte culturel. Mais à l’époque, la photo n’était pas instantanée, et le processus de prise de portrait était plus réfléchi et moins immédiat.

Aujourd’hui, le portrait, qu’il soit numérique ou artistique, semble se rapprocher d'une double fonction : il doit à la fois correspondre aux attentes sociales (ou aux codes visuels des plateformes) tout en essayant de rester fidèle à l'individu qui le pose. Cette dualité rend le portrait moderne particulièrement complexe et, dans une certaine mesure, moins fidèle à ce qu’il était à une époque où l’on ne pouvait pas se réinventer en un clic.

L’authenticité dans le portrait moderne : est-ce possible ?

Oui, mais d’une manière différente. L’authenticité dans un portrait aujourd’hui pourrait résider dans une représentation plus brute et moins retouchée, un instant capturé sans artifice. Certains utilisateurs des réseaux sociaux, ainsi que certains artistes ou photographes, cherchent justement à faire tomber ces murs de perfection et à montrer des images plus réelles, plus humaines. Cela peut prendre la forme de photos sans filtres, de moments volés, de portraits plus intimes, voire de gestes de vulnérabilité assumée. Ce type d’image pourrait alors servir à réintroduire une certaine forme de vérité dans la représentation de soi, malgré le tourbillon d'images manipulées qui nous entoure.

Mais il existe aussi des mouvements qui vont plus loin dans l’exploration de cette complexité. Par exemple, certains artistes contemporains ou photographes engagés travaillent à déconstruire l’image idéale de la beauté et à redéfinir ce que cela signifie d’être authentique dans un portrait. Le portrait devient alors un moyen d’explorer la diversité des identités, de remettre en question les stéréotypes, et de rendre visible ce qui était auparavant invisible ou stigmatisé.

Le portrait comme outil d'expression personnelle :

Si l’on veut véritablement capturer l’authenticité dans un portrait de nos jours, il est peut-être plus juste de parler d’une authenticité plurielle. Cela ne signifie pas nécessairement une absence totale de mise en scène ou de préparation, mais plutôt une intention de montrer des facettes multiples de soi, d’exprimer des contradictions, des émotions complexes. L’authenticité n’est pas un état figé, mais un processus dynamique.

En ce sens, les réseaux sociaux, malgré leurs dérives, peuvent aussi offrir une plateforme pour ce genre de portraits. L’important serait de rester conscient de la manière dont nous nous exposons et des motivations sous-jacentes à cette exposition. Plutôt que de se soumettre à des standards préétablis, il est possible de réinventer le portrait comme un moyen de dialogue sincère avec soi-même et avec les autres.

Conclusion : Une quête d’équilibre

Ainsi, dans cette ère saturée d’images, la fiabilité de nos portraits modernes dépendra de notre capacité à naviguer entre la projection de soi, l’idéalisme des réseaux sociaux et la recherche d’une forme de vérité personnelle. Le portrait peut encore être un moyen de se montrer sous son vrai jour, mais il doit aussi refléter la complexité de notre époque : l’ambiguïté entre l’image publique et la réalité personnelle.

Il reste essentiel de ne pas perdre de vue que l'authenticité ne réside pas seulement dans l'apparence physique, mais dans la manière dont on choisit de partager et de raconter son histoire, avec ses imperfections et ses nuances. Peut-être que le vrai défi aujourd'hui est de trouver l'équilibre entre la représentation sociale et la sincérité de soi dans ce flot incessant d'images.

Le portrait est donc un sujet qui m’intéresse particulièrement aujourd'hui, car il soulève la question fondamentale de notre identité : de ce qu’on dit à autrui à ce que l’on sait de soi en toute intimité, il y a parfois une grande différence. C’est précisément cette tension entre l’image publique et la réalité intérieure que j'explore à travers l’écriture poétique, en me posant la question du QUI SUIS-JE RÉELLEMENT ? Parler de soi, je le pense, est un véritable travail personnel, un cheminement vers la compréhension de soi-même. Et c’est justement à travers l’écriture que ce processus peut se réaliser de manière profonde.

Écrire est une forme de catharsis, un acte libérateur où l’on peut déposer ses émotions, ses vécus, passés ou présents. Cet exercice n’est pas seulement bénéfique sur le plan émotionnel et psychologique ; il permet aussi de nommer ce qui, souvent, reste enfoui ou flou. L'écriture offre un espace pour analyser, comprendre et extérioriser ce qui fait partie de nous. Cependant, beaucoup de gens passent à côté de cette pratique, non pas parce qu’ils n’ont rien à dire, mais parce qu’ils se sentent découragés par la tâche elle-même ou parce qu’ils croient qu’écrire nécessite des codes, des talents innés qui leur échappent. Ce préjugé, ancré depuis l’enseignement des classiques à l'école, réduit l'écriture à un art réservé à quelques élus.

Dans ce contexte, mon objectif est de rendre l’écriture accessible à tous, de désacraliser le processus, de le rendre compréhensible et concret, en proposant des protocoles adaptés à ceux qui n’écrivent que peu, voire pas du tout. Par cette démarche, je souhaite offrir à chacun un moyen de se reconnecter à cette forme d’expression, de comprendre qu’écrire est avant tout une exploration de soi. Et pour ceux qui pratiquent déjà l’écriture, ces protocoles permettront d’approfondir la pratique, d’enrichir l’expérience, d’offrir une nouvelle manière d’aborder l’écriture. L’écriture provient toujours de soi, elle est ancrée dans nos ressentis les plus profonds, et c’est ce qui en fait sa richesse. À partir d’un même point de départ, un même protocole, les réponses seront multiples et variées, créant ainsi un dialogue entre l’humain, la culture et la diversité des expériences.